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Tout savoir sur l’endométriose

À l’occasion de la semaine européenne de prévention et d ‘information sur l’endométriose, les experts de l’AP-HM lèvent le voile sur cette pathologie qui concerne 5 à 10% des femmes en âge de procréer.
Le point avec le Pr Aubert AGOSTINI et le Dr Audrey PIVANO, service de gynécologie obstétrique (AP-HM)

 
Dr Audrey PIVANO


QU’EST CE QUE L’ENDOMETRIOSE ?

L’endomètre est la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus. À la fin du cycle menstruel, s’il n’y a pas eu fécondation, une partie de l’endomètre (qui se renouvelle constamment) est évacuée avec les menstruations.
 
L’endométriose est définie par la présence de tissu endométrial en dehors de la cavité utérine, résultant d’un reflux de cellules endométriales par les trompes qui se retrouvent alors dans la cavité abdominale.

Les lésions situées à l’extérieur de la cavité utérine vont se comporter comme l’endométre et donc « saigner » à chaque cycle menstruel.

L’endométriose concerne 5 à 10 % des femmes en âge de procréer.

Les localisations de l’endométriose peuvent être diverses. Le plus souvent il s’agit des ovaires, des ligaments utéro-sacrés, du rectum, de la vessie et du vagin.

Il existe différents types de lésions de l’endométriose : kystes ovariens (endométriomes), nodules, adhérences, et adénomyose.
 
QUELS SONT LES SIGNES DE L’ENDOMETRIOSE ?

L’endométriose est habituellement découverte entre 25 ans et 40 ans, en raison de douleurs anormalement intenses dans le bas-ventre ou d’un problème d’infertilité. Mais dans plusieurs cas, l’endométriose ne s’accompagne d’aucune douleur. Elle est alors décelée par hasard, par exemple lors d’une échographie ou d’une intervention chirurgicale.

Les symptômes douloureux sont représentés principalement par des règles douloureuses (dysménorrhée), des douleurs pelviennes chroniques persistantes en dehors des périodes de règles, et des douleurs pendant les rapports sexuels (dyspareunie).
On peut également rencontrer des signes digestifs : douleur à la défécation, sang dans les selles (rectorragies), et des signes urinaires : douleur à la miction, difficulté pour uriner (dysurie), présence de sang dans les urines (hématurie) ; qui sont alors principalement rythmés par les règles.

L’endométriose peut être également diagnostiquée dans un contexte d’infertilité. En effet la prévalence de l’endométriose chez les femmes ayant des difficultés à concevoir est de 25 à 40% contre 5 à 10% en population générale.
Il existe de multiples mécanismes associés à l’endométriose qui peuvent altérer la fertilité (présence de kystes, d’adhérences, d’inflammation ou d’adénomyose).

QUELS SONT LES EXAMENS À REALISER DANS LE CADRE DU DIAGNOSTIC D’ENDOMETRIOSE ?

L’interrogatoire et l’examen clinique sont des éléments capitaux et permettent d’évoquer le diagnostic d’endométriose.

L’échographie est souvent réalisée en première intention au décours de l’examen clinique.

L’IRM permet de faire le diagnostic et le bilan d’extension des lésions.

Dans certains cas une coelioscopie diagnostique peut être réalisée, notamment lorsqu’il existe une discordance entre l’examen clinique et l’imagerie.

Un bilan de fertilité peut être effectué en fonction de la demande et du contexte.

Lorsqu’il existe une atteinte digestive, un bilan digestif avec un gastro-entérologue doit être proposé, comprenant une écho-endoscopie plus ou moins une coloscopie si nécessaire.

De même si une atteinte vésicale est suspectée, une cystoscopie avec un urologue sera proposée.

DE QUELS TRAITEMENTS DISPOSE-T-ON ?

Chez les patientes présentant des douleurs, un traitement médical hormonal visant à empêcher la survenue des règles (mise en aménorrhée) est proposé en première intention. Il s’agit de contraceptifs hormonaux oestro-progestatifs (pilule) ou de progestatifs seuls. La ménopause artificielle par injection d’analogue de la GnRH sur une période limitée n’est utilisée qu’en deuxième intention et dans certains cas particuliers.
 
Lorsque le traitement médical ne suffit pas à faire disparaître les douleurs, un traitement chirurgical de l’endométriose peut être indiqué.

La chirurgie peut également avoir sa place dans la prise en charge en cas d’infertilité.

La coelioscopie est  l’examen diagnostique et thérapeutique de référence permettant de visualiser les lésions endométriosiques.  Le chirurgien réalise dans le même temps opératoire la phase diagnostique et la phase thérapeutique.

La coelioscopie consiste à examiner sous anesthésie générale l'intérieur de la cavité abdominale, à l'aide d'un appareil d'optique de quelques millimètres de diamètre introduit par une petite incision au niveau du nombril. La visualisation se fait sur un écran relié à la camera fixée sur le système optique. Les actes opératoires sont pratiqués grâce à la mise en place d’entrées supplémentaires au niveau de l’abdomen d’un diamètre habituel de 5 mm, mais pouvant aller jusqu’à 10 ou 12 mm, permettant le passage de tous les instruments nécessaires.
 
Les traitements proposés sont discutés au cas par cas lors d’une Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP), en fonction de la demande de la patiente et des données des examens réalisés, afin de proposer une prise en charge personnalisée.
 
 
Un site pour plus d’informations :  http://fr.ap-hm.fr/site/endometriose