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Lancement de PIONEER, un grand projet international de recherche contre le cancer du poumon

L’immunothérapie change la donne dans le traitement des cancers, y compris de l’un des plus graves d’entre eux : le cancer du poumon non à petites cellules (NSCLC). Cependant à ce jour, seuls 20% de ces patients répondent positivement aux premiers anticorps immuno-modulateurs disponibles : les inhibiteurs du point de contrôle immunitaire PD-1. Une équipe internationale de chercheurs et de cliniciens issue du monde académique et de l’industrie coordonnée par le Pr Fabrice BARLESI s’est donnée 5 ans pour mieux comprendre, prédire et surmonter ces résistances. Lauréat du 3e appel à projets « Recherche Hospitalo-Universitaire en Santé » du programme Investissements d’Avenir[1], ce grand projet, baptisé PIONEER, a été lancé le 23 novembre à Marseille.

Le projet PIONEER
Après les thérapies ciblées à la fin des années 90, l’immunothérapie permet aujourd’hui d’améliorer la prise en charge des patients atteints de cancer du poumon non à petite cellules. Ainsi, en restaurant la capacité des lymphocytes T des patients à reconnaître et tuer les cellules cancéreuses, les inhibiteurs du point de contrôle immunitaire PD-1 conduisent à des réductions tumorales spectaculaires et à un allongement significatif de la durée de vie chez 20 à 25% d’entre eux[2][3][4][5].

En dépit de ces avancées, le cancer du poumon reste la première cause de décès par cancer dans le monde (environ 1,5 million de morts par an)[6]. En effet pour des raisons encore mal comprises (profil moléculaire de la tumeur, impact du microenvironnement qui l’entoure, statut immunitaire du patient…), la majorité des patients atteints de cancer du poumon non à petite cellules voient leur cancer progresser en dépit du traitement par anti-PD-1, et à ce jour, aucun biomarqueur ne permet d’identifier par avance ces résistances. 
 
À l’initiative de Marseille Immunopôle, Aix-Marseille Université (AMU), l’Inserm et le CNRS, cinq de leurs centres de recherche (CIML, CRCM, CRO2) et de technologies (CIPHE, MI-mAbs), l’Assistance Publique Hôpitaux de Marseille (AP-HM), le Centre Léon-Bérard de Lyon (CLB), l’Oncopôle de Toulouse, la société de biotechnologie ImCheck Therapeutics, les deux leaders français de l’immuno-oncologie Innate Pharma (thérapeutique) et HalioDx (diagnostic) et l’un des leaders mondiaux du domaine, le groupe biopharmaceutique AstraZeneca, ont uni leurs forces pour relever le principal défi actuel de l’immuno-oncologie : la résistance aux inhibiteurs du point de contrôle immunitaire PD-(L)1.
 

Lauréat du 3e appel à projets Recherche Hospitalo-Universitaire en Santé du programme Investissements d’Avenir, ce projet, baptisé PIONEER (Precision Immuno-Oncology for advanced Non-Small Cell Lung Cancer Patients with PD-(L)1 ICI Resistance), est dirigé par Fabrice BARLESI, Professeur de Médecine à AMU, Chef du service d’oncologie multidisciplinaire et d’innovations thérapeutiques de l’AP-HM, Coordinateur du centre d’essais précoces en cancérologie de Marseille CLIP2 et co-fondateur de Marseille Immunopôle.
 
Mené sur 5 ans, le projet s’articule autour de 3 axes :
  • Un programme d’essais cliniques exploratoires pour évaluer l’efficacité et la sécurité de nouvelles associations de molécules immuno-modulatrices ciblant simultanément plusieurs points de contrôle et cellules impliqués dans la réponse immunitaire anti-tumorale.
  • L’analyse comparée d’échantillons biologiques de patients (sang et biopsies) pour identifier et valider des biomarqueurs prédictifs de la réponse aux traitements d’immunothérapie et développer des tests diagnostiques associés.
  • La validation d’anticorps immuno-modulateurs de nouvelle génération sur des modèles in vivo de la maladie.
 
PIONEER entend ainsi :
  • Décrypter les mécanismes complexes de résistance aux anticorps inhibiteurs de PD-1 ;
  • Mettre au point de nouvelles associations thérapeutiques ;
  • Élargir la palette de médicaments immuno-modulateurs dans le cancer du poumon ;
  • Offrir de nouvelles options diagnostiques et thérapeutiques à ces patients. 
 

Repères :


Direction : Pr. Fabrice BARLESI (AMU, AP-HM)
 
Coordinateur : Aix-Marseille Université
 
Promoteur : Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille
 
Design : Marseille Immunopôle
 
Coût total : 25 510 000 €
 
Financement ANR : 8 502 000 €
 
Durée : 60 mois


En savoir plus




PIONEER



 

[1] 10 nouveaux lauréats et 74,5 M€ pour le 3ème appel à projets Recherche Hospitalo-Universitaire en santé. Communiqué de presse du Ministère des Solidarités et de la Santé, du Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et du Commissariat Général à l’Investissement, 26 juillet 2017.

[2] Nivolumab versus Docetaxel in Advanced Non-squamous Non-Small-Cell Lung Cancer, H. Borghae et al, N Engl J Med 2015; 373:1627-1639October 22, 2015, DOI: 10.1056/NEJMoa1507643

[3] Nivolumab versus Docetaxel in Advanced Non-squamous Non-Small-Cell Lung Cancer, J. Brahmer et al, N Engl J Med 2015; 373:123-135July 9, 2015, DOI: 10.1056/NEJMoa1504627; 

[4] Pembrolizumab versus Docetaxel for previously treated, PD-L1-positive, advanced non-small-cell lung cancer (KEYNOTE-010): a randomized controlled trial, RS Herbst et al, Lancet. 2016 Apr 9;387(10027):1540-50, DOI: 10.1016/S0140-6736(15)01281-7

[5] Routine molecular profiling of patients with advanced non-small-cell lung cancer: results of a 1-year nationwide program of the French Cooperative Thoracic Intergroup (IFCT), F. Barlesi et al, Lancet. 2016 Apr 2;387(10026):1415-1426, DOI: 10.1016/S0140-6736(16)00004-0

[6] Cancer fact sheet 2017, World Health Organization