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Greffe de rein : un travail d’équipes

Néphrologue, chirurgien urologue, anesthésiste … une transplantation de rein nécessite une coordination parfaite entre plusieurs spécialistes, en lien avec l’équipe de coordination des prélèvements AP-HM et l’Agence de la biomédecine. Un exercice plus délicat encore en cas de greffe avec donneur vivant.
 
À l’AP-HM, les équipes de transplantation rénale dirigées par le Pr Yvon BERLAND (néphrologie) et le Pr Eric LECHEVALLIER (chirurgie urologique) ont réalisé 125 greffes du rein en 2016 à l’Hôpital de la Conception. « La greffe rénale est le traitement de l’insuffisance rénale chronique qui offre les meilleurs résultats. Le patient greffé vit mieux et plus longtemps », indique le Pr LECHEVALLIER : « On n’hésite plus à effectuer des transplantations sur des patients de plus en plus âgés : il n’y a plus de limite d’âge au sens strict». Les spécialistes pourraient en réaliser d’avantage, mais faute de donneurs, les listes d’attente s’allongent. Rien qu’à Marseille, un peu moins de 400 malades sont en attente d’un rein qui pourrait changer leur vie. « En 2016 à l’AP-HM, le taux d’opposition à tout prélèvement exprimé par les familles des personnes décédées a augmenté : près de 50%  », regrette le Pr Valérie MOAL, néphrologue dans le service du Pr BERLAND.  «En France, il y a 4 candidats à la greffe pour un greffon rénal ».

Pour remédier à cette carence de donneurs, les prélèvements sont désormais autorisés sur des personnes décédées après un arrêt circulatoire inopiné, mais aussi en cas d’arrêt circulatoire contrôlé (limitation ou arrêt des thérapeutiques, donneurs dits de catégorie Maastricht III) si ces personnes n’avaient pas exprimé leur refus au don d’organes de leur vivant.

Donner son rein, c’est possible !

Une autre solution existe : la greffe avec donneur vivant. Un malade souffrant d’insuffisance rénale chronique terminale peut être greffé avec un rein d’un membre de sa famille ou d’un ami, après un bilan rénal, général et psychologique. « Aux Pays-Bas, 50% des greffes de rein s’effectuent avec donneur vivant. En France, on n’en est encore qu’à 16% », constate le Pr MOAL. « Pourtant, ces greffes donnent de très bons résultats chez les receveurs, pour des risques minimes pour les donneurs ».

La loi française autorise les dons croisés entre vivants : deux couples de personnes incompatibles entre elles, peuvent « échanger » leurs reins.

Coordination parfaite

En 2016 à l’AP-HM, 17 adultes et 2 enfants ont bénéficié du don de rein d’un proche. « La greffe avec donneur vivant est un challenge pour les équipes, car le timing est serré », souligne le Dr Véronique DELAPORTE, chirurgien urologue. « La coordination entre l’équipe qui prélève le rein et celle qui le greffe doit être parfaite : il faut aller vite pour préserver la qualité du greffon ». Pendant que le Dr DELAPORTE prépare le receveur, dans la salle d’opération voisine le Dr Romain BOISSIER extrait le rein de la personne volontaire. Quatre petits trous dans le ventre suffisent pour disséquer le rein avec ses vaisseaux et le récupérer grâce à une petite incision au niveau de l’aine. « À la Conception, 95 % des prélèvements s’effectuent par cœlioscopie, ce qui évite les cicatrices inesthétiques », précise le Dr BOISSIER. « Le donneur aura moins de douleurs au réveil et pourra sortir plus tôt de l’hôpital, après 3 à 5 jours. » Et il pourra être fier d’avoir fait à un parent, un enfant ou un ami le don précieux d’une nouvelle vie.
 

Quelques chiffres :

90% des greffes de rein fonctionnent au bout d’un an

Au bout de 10 ans à Marseille, le taux de fonction des reins  greffés est de 65 à 70%

En 2016, les équipes de transplantation rénale de l’Hôpital de la Conception ont réalisé 125 greffes de rein

17 adultes et 2 enfants ont été greffés d’un rein avec donneur vivant, dont 95% sous cœlioscopie

À l’AP-HM, 253 greffes d’organe ont été réalisées en 2016 sur des adultes ou des enfants : cœur, poumon, foie, rein.